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Devoir de conseil : l'échéance du 23 octobre en assurance vie
Recommandation ACPR 2024-R-03 : les contrats sans opération depuis deux ans doivent avoir été revus au 23 octobre 2026. Ce que cela engage.
Ce vendredi 23 octobre 2026 tombe la première échéance concrète de la recommandation 2024-R-03 de l'ACPR sur le devoir de conseil. Elle vise les contrats d'assurance vie et de capitalisation pour lesquels un service de recommandation personnalisée a été fourni.
Pour ces contrats restés sans opération pendant deux ans, le distributeur devait avoir repris contact avec le souscripteur au plus tard à cette date. Le compte à rebours avait démarré le 24 octobre 2024, comme l'avait relevé le cabinet Racine dès la publication du texte.
Un texte appliqué depuis le 31 décembre 2025
La recommandation date du 21 novembre 2024 et s'applique depuis le 31 décembre 2025. Elle concerne les distributeurs d'assurance, y compris ceux qui opèrent en France en libre prestation de services ou en libre établissement, à l'exception des contrats couvrant les grands risques.
Selon l'analyse publiée par Deloitte Société d'Avocats, elle succède à la recommandation 2013-R-01 du 8 janvier 2013 et accompagne la loi du 23 octobre 2023 relative à l'industrie verte. Le conseil ne se limite plus à la souscription : il se prolonge pendant toute la vie du contrat.
Ce que la prise de contact doit contenir
Le texte fixe deux délais. Sans opération pendant quatre ans, ou deux ans si une recommandation personnalisée avait été fournie, le distributeur reprend contact avec le client pour actualiser les informations recueillies à la souscription.
Si le contrat ou ses supports ne sont plus cohérents avec la situation et les objectifs du client, le distributeur doit l'alerter et lui conseiller de les adapter. Le régime général de quatre ans arrive, lui, à échéance le 23 octobre 2028, selon Sequentia, qui décrit le 23 octobre 2026 comme la première échéance concrète du texte.
Deloitte souligne que les distributeurs doivent prévoir un processus de relance et de gestion du refus d'actualisation. Un client qui ne répond pas ou décline la démarche ne fait donc pas disparaître l'obligation de suivi : il faut pouvoir montrer la tentative.
Les opérations significatives, l'autre volet
Le texte encadre aussi les opérations en cours de vie. Un versement, un arbitrage ou un rachat est significatif s'il dépasse 2 500 euros et 20 % de l'encours pour un contrat de moins de 100 000 euros, ou 30 000 euros et 25 % de l'encours au delà.
Avant un rachat significatif, trois mises en garde sont attendues, rappelle France Épargne : l'existence possible d'une indemnité réduisant la valeur de rachat, la perte d'une garantie en capital liée à une échéance, et les conséquences fiscales d'un rachat dans les huit ans suivant la souscription.
Ce que cela change pour les directions conformité
Pour un assureur ou un courtier, l'échéance pose d'abord une question de données. Il faut pouvoir isoler les contrats ayant fait l'objet d'une recommandation personnalisée, dater la dernière opération et tracer chaque prise de contact, chaque relance et chaque refus.
Sequentia insiste sur la preuve : le distributeur doit pouvoir justifier la démarche auprès de l'ACPR. Le cabinet de formation liste les chantiers attendus des réseaux : identifier les contrats concernés, écrire le scénario de recontact, revoir les questionnaires et formaliser la piste d'audit.
Deloitte cite de son côté l'utilisation d'outils en ligne pour automatiser l'actualisation des informations, afin que le conseil ne retarde pas les opérations demandées par le client. Le cabinet invite aussi les distributeurs à revoir leurs dispositifs de formation des équipes commerciales.
Des équipes à dimensionner
La continuité du conseil se traduit par une charge durable pour la conformité, le contrôle interne et le pilotage des réseaux. Les campagnes de recontact reviendront à chaque cycle de deux ou quatre ans, et leurs résultats devront pouvoir être justifiés.
Pour ces profils, Entourage Recrutement, cabinet de recrutement Finance et Tech, distingue dans sa page consacrée au risk management et à la conformité deux viviers et deux calendriers séparés, et fixe avec l'employeur, avant toute recherche, ce que la cartographie des risques doit alimenter.
L'échéance du 23 octobre 2026 ne clôt donc pas un chantier. Elle ouvre le premier cycle d'un suivi attendu sur toute la durée des contrats d'assurance vie.