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Chiffres ACPR 2025 : la non-vie se redresse, la vie collecte

Ratio combiné à 94 %, collecte vie de 44 Md€, SCR à 250 % : ce que le rapport de l'ACPR sur 2025 change pour les directions techniques et financières.

Publié le 21 octobre 2026 · 3 min de lecture

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a publié le 13 octobre 2026 son rapport annuel « Les chiffres du marché français de la banque et de l'assurance » pour l'exercice 2025, accompagné d'un communiqué et d'un support de conférence de presse. La presse spécialisée en a détaillé le volet assurance dans les jours suivants, notamment Tripalio le 14 octobre.

Sur la page de présentation du rapport, le superviseur qualifie l'année de « contrastée voire paradoxale » : un contexte géopolitique difficile, mais une activité qui a résisté et une inflation revenue près de l'objectif de 2 % de la BCE. Pour les organismes d'assurance, le bilan est solide.

Un bilan en hausse, une solvabilité confortable

Selon le communiqué de l'ACPR du 13 octobre, les bilans prudentiels des assureurs progressent de 5,9 % sur un an, à 3 147 milliards d'euros. Le taux moyen de couverture du capital de solvabilité requis atteint 250 %, soit 11 points de plus qu'en 2024.

Le support de la conférence de presse de l'ACPR ajoute un résultat net du secteur en progression, à 27 milliards d'euros. Tripalio relève des provisions techniques de 2 272 milliards d'euros, dont près de 88 % au titre de l'assurance vie, et un rendement moyen des placements de 2,8 %, contre 2,0 % trois ans plus tôt.

Assurance vie : la collecte nette au plus haut depuis 2011

La collecte brute en assurance vie atteint 159,1 milliards d'euros, en hausse de 12,2 %, et la collecte nette 44 milliards d'euros, son plus haut niveau depuis quatorze ans, selon Tripalio. Les unités de compte en concentrent 85 %.

Deux signaux intéressent directement les équipes de gestion actif-passif. La collecte nette des fonds en euros redevient positive, à 6,4 milliards d'euros, pour la première fois depuis 2019. Le taux de rachat, rapporté aux provisions, s'établit à 4,3 % en 2025, contre 4,6 % en moyenne depuis 2015, d'après ce même support de l'ACPR.

Côté retraite, la collecte nette des contrats non rachetables progresse de 46 %, à 7,7 milliards d'euros, portée par les PER. Les organismes de retraite professionnelle supplémentaire, autour de 23 acteurs, collectent 14,6 milliards d'euros de primes pour un bilan de 237,9 milliards et une solvabilité de 200 %.

Non-vie : le ratio combiné repasse à 94 %

C'est le point le plus utile pour les directions techniques. En non-vie, les primes acquises atteignent 154 milliards d'euros, en hausse de 5,1 %, pour 136 milliards d'euros de sinistres, en hausse de 2,6 %. Le ratio combiné, sinistres et frais rapportés aux primes, passe de 96 % à 94 %.

L'ACPR attribue ce redressement à un rattrapage des primes après la hausse des sinistres et de leurs coûts pendant l'épisode inflationniste. Elle note des améliorations sur les branches catastrophes naturelles et construction.

Deux branches restent toutefois en perte en 2025 : la construction et les dommages corporels collectifs. Pour la santé et la prévoyance, que l'ACPR regroupe sous ce libellé, les primes progressent de 3,6 % et les sinistres de 3,8 %, après une hausse de 8 % en 2024, selon Tripalio.

Ce que ces chiffres changent pour vous

Pour une direction financière, l'agrégat de 250 % sert de point de comparaison avec votre propre ratio de couverture, à quelques mois de l'entrée en application de la révision de Solvabilité II en janvier 2027. Un écart à la moyenne de marché appelle une explication devant le conseil.

Pour une direction technique non-vie, le passage à 94 % confirme que les hausses tarifaires dépassent désormais la sinistralité. L'agrégat masque cependant des branches déficitaires : la construction et le collectif santé-prévoyance demandent une lecture du résultat par branche et par exercice de survenance.

Tripalio souligne enfin que les transferts de charges prévus vers les complémentaires santé, dans le cadre du redressement des comptes de la Sécurité sociale, pourraient modifier cet équilibre dès 2026. Les mutuelles et institutions de prévoyance ont donc intérêt à reprojeter leur ratio combiné collectif.

Expliquer ces écarts de résultat technique relève du pilotage technique, une fonction située entre actuariat, souscription et finance. Entourage Recrutement, cabinet de recrutement Finance et Tech, y consacre une page sur le recrutement d'un responsable du pilotage technique en assurance : il y indique cadrer la recherche à partir du détail du portefeuille par branche et des livrables attendus plutôt que des intitulés de poste.

Le superviseur retient par ailleurs l'impact accru des risques physiques et des risques de transition parmi ses points d'attention pour la suite.